Table de travail de Suprême Bon Ton à l'atelier Fonta Fonta

Ella créatrice textile inspirée et inspirante

Un dose de poésie, de talent et de créativité, voici le portrait d’Ella, créatrice de foulards que l’étranger nous envie !Ella

Qui es tu ?
Je m’appelle Ella, je suis designer textile et j’ai crée Suprême Bon ton, un studio de création textile.

Quel est ton parcours ?
Quand j’étais petite, je rendais souvent visite à la voisine de mes parents. Une femme d’un certain âge, qui avait travaillé une partie de sa vie comme couturière à l’opéra de Paris. Son grenier regorgeait de tissus, plaquettes de boutons et de passementerie. Une autre voisine avait été restauratrice au département peinture du Louvre. Dans un petit village de 800 habitants, ces belles voisines faisaient briller mes grands yeux de petite fille. J’admirais toutes ces couleurs, ces matières et ces formes.
Après avoir réalisé plusieurs stages dans de belles maisons de couture mais également dans des ONG à l’étranger, j’ai intégré un Diplôme Supérieur d’Arts Appliqués de design textile à Lyon.
Depuis j’ai beaucoup voyagé. Je suis allée plusieurs fois en Amérique du Sud et en Inde sur de longues périodes, pour notamment collaborer avec un atelier de confection d’accessoires et aussi trouver des ateliers de confection du cuir pour un projet de maroquinerie. Puis je suis revenue sur mon premier intérêt, le design textile.

Quel a été le déclic ?
Je suis très indépendante. Après avoir fait plusieurs rencontres qui m’ont donné des ailes, je me suis lancée. Je souhaitais créer une structure qui allie plusieurs pratiques artistiques et appliquées. Le textile en est la finalité mais mon travail est plus large, il associe graphisme, illustration et photo.

Je voulais créer un objet que l’on garde précieusement, puis que l’on transmet

Par quoi as-tu commencé ?
Je voulais créer un objet que l’on garde précieusement, puis que l’on transmet. Le foulard en soie me paraissait idéal pour refléter mon idée de passage et de souvenir. Un accessoire dont on prend soin. Il y a le respect de la matière; la soie (dont l’histoire est forte en région Lyonnaise), on la dorlote, on la met en forme, on se l’approprie puis on la range sagement et méthodiquement, jusqu’à la prochaine sortie!
Suprême Bon Ton est un studio de création. Notre démarche est large, nous travaillons le produit textile et pensons en même temps à un travail graphique, photographique et même d’objet. La prochaine collection textile sera accompagnée de petits objets liés à notre thématique. Ainsi en travaillant d’autres matériaux je peux encore plus préciser et souligner mon univers textile.

Quelles concessions doit-on faire dans ton métier ?
On a moins de week ends et de vacances !

Quels sont tes activités/réalisations principales ?
Je suis la créatrice de Suprême Bon Ton. Je collabore avec des artistes et artisans autours de moi pour créer un produit de qualité qui correspond au plus proche à l’esthétique et aux valeurs de la marque. Pour les collections « Météorite » et « GÖTA », j’ai collaboré avec le photographe Florent Tanet pour son approche de la nature morte et sa radicalité de l’image. Chaque collection est associée à un travail artistique en lien avec la thématique de collection. Pour la première, nous avons travaillé sur une série de nature morte de pierre. On trouve une photo imprimée dans le coffret du foulard. La seconde, l’univers marin et minéral.
Les foulards sont pensés au cours de mes voyages, de mes rencontres et dans mon atelier Fonta Fonta à Paris. Ils sont ensuite dessinés à Paris au cœur du 20ème arrondissement puis réalisés en région lyonnaise dans les ateliers d’une belle maison réputée pour ses impressions sur soie.

Table de travail de Suprême Bon Ton à l'atelier Fonta Fonta

Peux tu nous décrire les différents aspects / étapes de ton travail ?
J’ai une méthode de travail basée sur l’archivage de documents. Je vois une image, un artiste, un motif qui me plait et je me lance dans de grandes recherches. Je vais pas mal à la médiathèque, je glane des images dans des livres, des objets insolites et des matières étranges. Ensuite, je tri, classe et numérote mes précieuses collections. Une sorte d’inventaire s’opère auquel je rajoute un champ lexical. Cela m’aide beaucoup de trouver des mots, je m’approprie ainsi le langage de mon travail et de mes envies.

A quoi ressemble ton quotidien ?
Je me rends chaque jour dans mon atelier où je rejoins mon cabinet de curiosité. Je prends mes peintures, mes papiers et je colle, dessine. J’ai la chance de voyager pas mal aussi, ce qui m’inspire énormément. Je collectionne les matières, les motifs et les formes que je vois dans mes périples et les retranscris dans mes visuels. J’aime bien faire des pauses au café du coin lorsque je bloque sur une idée.

Quels sont tes outils / matériaux de prédilections
La thématique principale de mes collections s’est précisée au fur et à mesure de mes recherches. L’aspect minéral m’intéressait particulièrement et était un sujet que je voulais aborder tant au niveau du graphisme que du textile. Le champ lexical de la météorite étant très riche de part les mots mais également graphiquement. Le thème me passionne et m’obsède. La météorite est une dimension métaphorique et poétique de la pierre. J’adore travailler le collage et l’encre.

J’ai vraiment les mains dans la matière

Le travail de la matière ça fait quel effet ?
Je colle, découpe, prends en photos et dessine. La création se fait au fur à mesure. Le travail de composition est important et se fait à partir de dizaines de dessins et photographies que je fais à partir de mon travail de recherches.
J’ai vraiment donc les mains dans la matière ! Peinture, crayons, collage puis tissu…

Pour les objets en partenariat avec des artisans, je me faufile dans leurs ateliers une petite semaine et on met au point un objet. On partage un vrai moment de vie et un échange de savoir.

« Faire rend heureux » / « Do more Be more » que penses tu de ces phrases ? Quel sentiment t’inspirent-t-elles ?
Un sentiment de liberté et de transmission. A travers un objet, que ce soit un foulard ou mes autres objets en édition limitée, je suis dans le partage. Pour les foulards, je passe de longues heures avec l’atelier de fabrication pour mettre au point les couleurs, le bon choix du support textile et le pliage. Pour les objets en partenariat avec des artisans, je me faufile dans leurs ateliers une petite semaine et on met au point un objet. On partage un vrai moment de vie et un échange de savoir. Puis vient la surprise du lancement auprès des clients, j’adore!
Combien de temps t’as pris ton dernier projet/ dernière commande ?
4 mois, mais c’est une surprise qui sortira dans un mois…Une édition limitée avec de fabuleuses rencontres !

foulard SBT Merci Violaine Olga Madeleine pour ces belles photos avec notre foulard Java

Qui sont tes clients ?
La majorité de mes clients se trouve au Japon et en Australie. Ils sont très friands de la fabrication française.

J’ai envie de montrer un bel objet, de par la matière que j’utilise et de transmettre un goût véritable du bel artisanat français.

Que souhaites-tu leur apporter à travers ton travail ?
J’ai envie de leur montrer un bel objet, de par la matière que j’utilise et de leur transmettre un goût véritable du bel artisanat français.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui se lance ?
De trouver un lieu propice pour travailler.L’environnement est très important je trouve.Il faut également savoir se préserver des mauvaises ondes 😉

Ta devise / philosophie ?
Fonce, réalise tes rêves et n’écoute personne !

Tes passions ? Un hobby ?
J’adore voyager et je suis passionnée par les brocantes ! J’ai des dizaines de collections à la maison…

Ce qui te fais vibrer ou te motive ?
Les rencontres humaines

Ce qui te freine ?
L’aspect artificiel que peut prendre parfois la commercialisation des produits.

Une idole/ icône/ mentor ?
J’ai beaucoup de références mais certaines sont récurrentes .
Les couleurs et les compositions de Poliakof ainsi que les expressionnistes abstraits Américains m’inspirent beaucoup. Les photos d’Ina Jang, de Viviane Sassen… Les dessins du Bauhaus restent dans mes références. Le cinéma de Tati que j’apprécie pour sa singularité, pour sa vision très futuriste et ironique.

Des alliés ?
Mes amis, qui sont toujours bienveillants avec moi et qui m’encouragent !

Ta plus grosse galère ?
J’ai eu beaucoup de chance, je n’en ai eu aucune jusqu’ici avec Suprême Bon Ton

Ta plus grande fierté ?
D’avoir réussi à mener mon projet au bout et surtout de le poursuivre !

Ton métier dans une autre vie ?
Céramiste

Comment te vois-tu dans les 5 ans à venir ? Tes projets ?
J’aimerai vraiment me concentrer sur ces belles rencontres que je fais et réaliser plus de collaborations avec des artisans, j’apporte l’idée et le design, eux me transmettent leur savoir faire en faisant la fabrication. Je suis en train de travailler sur plusieurs autres projets en même temps. Je fais partie d’un collectif textile qui s’appelle Banco studio (www.bancostudio.com). On s’intéresse beaucoup à la matière, la couleur et aux motifs en travaillant sur différents supports. C’est une très belle expérience. On part au Maroc justement pour présenter une collection de tapis que nous avons imaginé. J’ai hâte!

Et enfin… Une astuce à nous livrer ??
Une bonne astuce pour repasser les foulards en soie Suprême Bon Ton ! Regardez la semelle de votre fer afin de vérifier qu’elle n’est pas sale ou tachée d. Lavez-la avec 15 ml d’eau et deux cuillères à soupe de bicarbonate de soude. Étalez la pâte sur la semelle du fer, frottez légèrement puis essuyez-la avec un chiffon humide.Déposez un grand drap propre en coton sur votre table à repasser. Former une barrière de coton permettra d’empêcher les couleurs des autres vêtements de s’infiltrer dans votre soie. La barrière de coton et l’étoffe sur laquelle vous repassez devraient toutes deux être 100% coton, de couleur blanche ou d’une couleur naturelle.Mettez la soie à l’envers. Vous devez toujours repasser l’envers du tissu. Il s’agit du côté avec une finition mate.Lissez le tissu de manière à ce qu’il n’y ait pas de faux plis. Posez une petite étoffe de coton sur la surface que vous allez repasser. Une partie de l’humidité de la soie passera peut-être au travers de l’étoffe.Appuyez le fer à repasser sur la surface de l’étoffe. Déplacez le fer sur toute la surface. Ne le laissez jamais trop longtemps au même endroit ou vous risqueriez de brûler le tissu.Soulevez l’étoffe et déplacez-la sur la prochaine partie à repasser. Après avoir repassé le foulard en soie dans son entier, suspendez-le sur un cintre et laissez-le sécher quelques minutes avant de le porter ou de le ranger.

Et sinon, en règle générale, rester toujours calme, quoi qu’il arrive 😉

 

Merci Ella et à très vite pour des ateliers céramique sur HobbyStreet.fr 😉

 

Photos Violaine Olga Madeleine et Ella Perdereau pour Suprême Bon Ton

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