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Nicole Honnorat, à 50 ans elle passe le CAP de l’artisanat

Vous vous rappelez de Nicole H, notre tapissière d’ameublement à côté de Clermont-Ferrand, en Auvergne ? Nous sommes allés nous immerger au cœur de son atelier et avec ses élèves pour mieux connaître son parcours et conforter notre idée qu’il est possible, voire indispensable, de réaliser ses rêves à tout moment ! Avec Nicole H, to do passe par l’échange et la motivation, et ça fait du bien !

Bonjour Nicole H, vous avez créé votre association dédiée à la tapisserie d’ameublement, pouvez-vous nous expliquer votre parcours ?

L’idée m’est venue tout naturellement. J’ai toujours aimé bricoler et faire des choses avec mes mains. C’est en apportant des chaises à rénover dans un lycée professionnel à Riom, à côté de Clermont-Ferrand, que j’ai découvert le métier de tapissier d’ameublement. J’ai rencontré et discuté avec le professeur et ses élèves en formation tapisserie d’ameublement et décoration et c’est eux qui m’ont motivé. Je me souviens  encore de cette phrase inoubliable de mon futur professeur : « Il n’y a pas d’âge pour apprendre ! ». Je me suis tout de suite tourné vers le GRETA (organisme de formation continue des  adultes) pour suivre à mon tour cette formation pendant 9 mois. J’ai donc passé mon CAP à l’âge de 50 ans et ouvert aussitôt mon atelier de formation.

Aujourd’hui, mes élèves viennent avec leurs meubles à rénover et  ensemble, on leur donne une seconde vie étape par étape…

Quelles sont donc ces étapes à respecter ?

Ce que j’aime dans ce métier, c’est qu’il n’y a pas de routine : chaque meuble à sa spécificité. Si vous me permettez, je vais prendre l’exemple du bridge. Comme pour tout fauteuil, il est constitué d’une assise et d’un dossier.

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  1. Dégarnir : c’est-à-dire enlever tous les tissus et autres rembourrages pour qu’il ne reste que le bois. Après une vérification du bois, on passe à la seconde étape.
  2. Sanglage/guindage : pose de sangles et de ressorts, compression des ressorts entre eux. Pour finaliser, on enveloppe le tout d’une toile forte. On a donc la base de l’assise.
  3. Pose de crin végétal et animal : on garnie l’assise de cette matière pour assurer un premier confort au siège. Et c’est ici qu’intervient le talent du tapissier. En compressant le tout, on donne la forme souhaitée à l’assise. On rajoute du crin animal (poil de queue de cheval) pour homogénéiser le tout. Attention ! Beaucoup e professionnels, peu consciencieux, utilisent de la mousse pour éviter cette étape… Certes, le travail est plus rapide mais malheureusement moins traditionnel, moins durable et moins joli.

ASTUCE DE NICOLE POUR RECONNAÎTRE UN FAUTEUIL TRADITIONNEL OU NON

Lorsque vous voyez des bourrelets sur des assises, vous pouvez être sur que c’est la réalisation d’un artisan. Ils sont réalisés grâce au travail du crin végétal et du crin animal.

  1. La couverture : pose du tissu d’ameublement.
  2. La signature du tapissier : Le JACONAS. C’est la couche de tissu que l’on pose sous l’assise pour donner un rendu propre et ne pas voir les différentes couches de la réalisation.

C’est bien sur un bref résumé de la rénovation d’une assise. Les étapes pour le dossier sont sensiblement identiques. Un meuble prend du temps si on veut bien faire les choses.

D’ailleurs, combien de temps faut-il pour rénover un bridge ?

Lors d’une formation, comme je les pratique au sein de mon atelier, il faut compter une bonne semaine pour arriver à l’étape de la « mise en blanc » : on tend un tissu blanc pour lisser avant la pose du tissu décoratif (dernière étape).

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Quel est votre outil de prédilection ?

Je n’ai pas qu’un seul outil de prédilection mais plutôt trois. Le ciseau à dégarnir, le tire crins et le tire sangles. Sans ces trois outils, on ne peut pas travailler dans de bonnes conditions.

Tire sangle

Tire sangle

Ciseaux à degarnir

Ciseaux à degarnir

Tire crin

Tire crin

Avez-vous une devise dans votre quotidien de tapissière d’ameublement ?

Oui, celle de Benjamin Franklin : « Tu me dis, j’oublie. Tu m’enseignes, je me souviens. Tu m’impliques, j’apprends. »

Grâce aux formations que j’enseigne, je vois mes élèves réussir jour après jour, jusqu’à l’objectif souhaité. Et il n’y a rien de plus motivant que de voir des personnes qui réussissent et atteignent leur but.

Pour conclure, Nicole H, quelle est votre plus grande fierté ?

Avoir passé un CAP à 50 ans !

 

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